Lettre à Monsieur Bérégovoy

J'ai écrit beaucoup de lettre, en voici une autre à M. Bérégovoy, qui lui aussi, a cru, qu'en promettant beaucoup de choses, il réglerait les incommensurables problèmes de notre société. Il ne voulait pas savoir que les promesses dans la plupart des cas ne sont que des paroles en l'air, qui ne résolvent rien du tout. Les événements qui ont suivi, me donne raison. Pourquoi s'est-il suicidé, les raisons sont multiples mais j'en retiens deux ? La première, c'est cette affaire de million " prêté " par un de ses amis M. Pelat, ce Monsieur qui est mort d’une crise cardiaque après avoir été soupçonné dans cette affaire de délit d’initié et qui n'est pas encore élucidée. La seconde est que Mitterrand comme à son habitude, l'a laissé tomber comme une vieille chaussette.

Monsieur Bérégovoy

Le 13.03.90

Ministre d’état, Ministre de l'économie, des finances et du budget.

L’importance de vos responsabilités susnommées me fait penser quelles vous font perdre le sens de certaines réalités. Je viens de rédiger ma déclaration d’impôts, qui était pour moi plutôt simple. Mais avant de commencer j'ai lu le petit mot que vous y ajoutez, et il me laisse songeur. Je lis... Le pouvoir d'achat s'est amélioré, alors là, je ne suis pas d'accord. Pour moi c'est un mensonge et je vais vous le prouver.

Un pouvoir d'achat qui s’améliore, doit être supérieur à l'augmentation du coût de la vie par rapport à une moyenne. Si l'on prend comme moyenne le salaire moyen, et si ce salaire moyen retrouve à chaque majoration du coût de la vie le même pourcentage, on peut dire que le pouvoir d'achat de ce salaire moyen est stable. Si les salaires au-dessus de la moyenne sont soumis aux mêmes règles que le salaire moyen, le pouvoir d'achat de ses salaires aux dessus de la moyenne augmente. Mais, si les salaires qui sont au-dessous du salaire moyen sont soumis aux mêmes règles que le salaire moyen, c'est à dire le même pourcentage d'augmentation, on peut dire que le pouvoir d'achat diminue. Je pense que c'est un raisonnement logique et réel, puisque c'est ce qui se passe dans notre Pays. C'est ce qui fait, que la différence entre les plus bas revenus et les plus hauts revenus augmentent chaque année. C'est peut-être pour cela que vous affirmez que le pouvoir d'achat augmente, parce que vous êtes situé dans les revenus au-dessus de la moyenne, et que vous constatez que votre revenu augmente. Charité bien ordonnée on commence par soit même. Mais, ce qui est encore plus grave dans ce que vous affirmez, c'est de vouloir nous faire croire que les revenus qui sont aux dessous du revenu moyen comme le mien augmentent, alors qu'ils n'ont même pas le rattrapage du coût de la vie. Des mensonges de cette importance sont une honte, mais savez-vous ce qu'est la honte ? Alors que seuls les revenus qui sont situés au-dessus du revenu moyen ont un pouvoir d'achat qui s'améliore. Alors je vous en supplie il faudrait que vous n’écriviez plus des petits mots pour nous dire que notre pouvoir d'achat s'améliore, sauf dans votre cercle particulier, car pour nous ce sont des phrases mensongères, puisqu'elles ne correspondent ni à la vérité, ni à la généralité, mais seulement aux exceptions et aux privilèges des hauts salaires. Vous devriez dire le pouvoir d'achat s'améliore toujours pour ceux qui ont plus, et ils diminuent pour ceux qui ont moins, comme toujours. Ce serait plus honnête de votre part. Je vais vous soumettre le calcul qui prouve ce que j'avance.

J'ai été mis en préretraite le 31 août 1987 avec une allocation F.N.E de 206,79 francs par jour. Ce qui fait un revenu mensuel de 5860 francs environ. Après avoir déduit les 5,50% de charge sociale, j'en suis arrivé à ce jour en Février 1990 à une allocation F.N.E 211 francs par jour, soit 6330 francs par mois au bout de 28 mois. Ce qui me fait une augmentation d'environ 2,5% soit 0,8% par an. (J'arrondis) Ors le coût de la vie augmente d'environ 3,5% par an, donc 3,5 moins 0.8 = 2,7% soit un retard annuel de 2,7% qui me fait une diminution de mon pouvoir d'achat actuel d'environ 8%. Ces 8% devraient se traduire sur mon revenu journalier F.N.E par 227 francs par jour. Soit un manque à gagner de 16 francs environ par jour, soit 480 francs par mois, soit 5760 par an. Si mon pouvoir d'achat comme vous l'écrivez s’était amélioré, mon revenu devrait être égal actuellement à 227 francs par jour, donc vous mentez. Mais ne soyons pas plus royaliste que le Roi et je ne demande pas plus que ce à quoi j'ai droit. Si vous pouviez agir de la même façon avec ces 5760 francs par an je pourrais payer ma facture de gaz tous les ans, y compris le chauffage bien sûr. Vous allez sûrement sourire devant de si petites sommes ridicules pour vous. Mais n'écrivez pas le pouvoir d'achat s'est amélioré, c'est un mensonge.

Si j'ajoute que la bourse pour mon fils de 19 ans qui poursuit ses études, est passée de 4100 francs en 1989 à 1320 francs pour 1990, soit 2780 en moins, allez savoir pourquoi. Certainement suite à des réglementations dont vous êtes incapables d'en prévoir les conséquences. Sachez aussi que l'A.P.L mensuelle à laquelle j'ai droit est passée de 1153 francs à 941 francs, soit 212 francs en moins. Suite certainement aux mêmes réglementations. Soit sur l'année une diminution de mon pouvoir d'achat de 8750 francs, qu'en pensez-vous. Vous ne vous êtes jamais penché aussi bas pour voir, et cela est bien dommage. Car cela vous permettrait de vous rendre compte de ce qu'il peut se passer quand des gens comme vous se trouvent là ou ils sont.

Je n'ai jamais reçu de réponse à cette lettre, et je n'ai jamais relu sur notre déclaration d'impôts que signait M. Bérégovoy, que " notre " pouvoir d'achat s'était amélioré. Influence ou coïncidence à voir.

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